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François-Xavier Prieur naît à Saint-Joseph-de-Soulange le 9 mai 1814 d'Antoine Prieur et d'Archange Véronneau-Denis (LEPAILLEUR, 1996:390). Il déménage à Saint-Polycarpe moins de quatre ans après sa naissance et y passera sa jeunesse (FALARDEAU, 1944:7). Vers l'âge de 15 ans, le curé de la paroisse suggère à ses parents de l'envoyer chez un marchand afin qu'il apprenne le métier. Il s'établit à Saint-Timothée en 1835 (FALARDEAU, 1944:9). Dès lors, en fréquentant la librairie d'Édouard-Raymond Fabre de Montréal (SENIOR, 1997:221), il a l'occasion de rencontrer les politiciens du Parti canadien (FALARDEAU, 1944:10). Dans Notes d'un condamné politique de 1838, publié en 1865, Prieur nous laisse une auto BIOGRAPHIE intéressante en plus d'un récit des événements s'étalant de l'automne 1838 à l'automne 1846.François-Xavier Prieur avoue n'avoir pas pris grand part à l'organisation du mouvement patriote dans sa paroisse. D'ailleurs, il n'aborde point les événements précédant le 3 novembre 1838 (Prieur,(1865) 1974:90). Il révèle l'essentiel de ce qu'il doit faire : "[...] dans la promesse d'un certain nombre de se rendre en armes à l'appel des chefs alors encore à peine désignés." (PRIEUR,1974:90). Par promesse, Prieur fait référence à son assermentation, par un certain Charles Rapin, en tant que castor dans l'organisation des Frères Chasseurs. Malgré son récit, les données exactesconcernant son implication militaire demeurent vagues, car lui-même semble confus dans son récit des événements, preuve que les opérations se sont déroulées dans un cahot total. Somme toute, François-Xavier Prieur dirige entre 150 et 200 hommes de Saint-Timothée (SENIOR, 1997:241-242). Le 3 novembre, Prieur est dans son hameau de Saint-Timothée pour organiser ses hommes (BOISSERY,1995:104). Le soir, il participe avec sa troupe à la prise du manoir des Ellice (SENIOR, 1997:240). Lui-même note sa présence quelques temps à la seigneurie des Ellice, où il raconte dans son journal avoir été "peiné de ces détentions". Prieur ajoute qu'il se rendit auprès de Madame Ellice pour la rassurer que son mari et ses propriétés seraient en sécurité (PRIEUR, 1974:92). Cette action lui vaut probablement la vie, puisque l'influence de la famille Ellice lui vaudra la déportation au lieu de la pendaison (SENIOR, 1997:280). Tôt au matin du 4 novembre 1838, à Beauharnois, le bataillon de Prieur, prend facilement le navire Brougham (SENIOR, 1997:241). Prieur tente de rassurer les prisonniers tous secoués apr la prise d'otages, qu'aucun mal ne leur sera fait (PRIEUR, 1974:91-92). Cela témoigne bien de la modération du jeune patriote, que Boissery explique : "[...] by the promise of success and social mobility, and by power." (BOISSERY, 1995:104). Le groupe de Prieur est aussi présent au côté de DeLorimier, dans la nuit du 5 au 6 novembre, lors d'une marche vers le Sault Saint-Louis. Mais ils font demi-tour en raison de fausses informations (PRIEUR, 1974:94). Le 7 novembre, Prieur et DeLorimier se rendent au camp Baker en guise de renfort, croyant qu'une troupe de huit cents volontaires y arrivait. Après deux jours barricadés, les insurgés se retranchent. Du coup, ils apprennent les défaites d'Odeltown, Lacolle et les besoins de renforts pour Napierville (SENIOR, 1997:260-263). Le détachement de Prieur se rend à trois quart de lieue de Beauharnois et, en entendant les loyaux arriver, se place en position d'attaque. Voyant que le détachement des loyaux se composait de 1200 soldats, les rebelles se dispersent sous l'ordre de Perrigo (SENIOR, 1997:263). C'est le 10 novembre, dans la nuit, Prieur confie : "Ici se termine ma carrière de militaire et de chef de troupe, et va commencer celles de fugitif, de prévenu, de condamné et d'exilé parmi les forçats." (PRIEUR, 1974:101). C'est alors le début de ses "huit années de souffrances". Prieur voit sa maison détruite et toute fumante avant de se diriger vers la frontière des États-Unis, mais il se perd dans les bois, pour enfin revenir sur ses pas (PRIEUR, 1974:104-105). Recherché activement par les autorités, il ère de maisons en granges pendant 10 jours, sans jamais être dénoncé par les habitants (PRIEUR, 1974:103). Étonnamment, c'est en tant que fugitif qu'il rencontre sa future femme, une nommée Marguerite Neveu âgée de 9 ans en 1838 Celle-ci vint lui porter de la nourriture dans les bois. Il se marie le 17 juillet 1849, et eurent un nombre indéterminé enfants (FALARDEAU, 1944:21-22). Le 20 novembre, trahit par des compatriotes qu'il ne nomme pas, le major Denny l'arrête (PRIEUR, 1974:103-109). Il est incarcéré au moulin à farine de Beauharnois, avant d'être transféré à la prison du Pied-du-Courant le 1ierdécembre, où ses parents lui rendent quelques fois visite. Il subit son procès du 11 au 21 janvier 1839. Ce n'est que le 26 septembre 1839 qu'il est embarqué pour l'Australie avec 57 de ses camarades. Compte tenu de sa jeunesse, il n'est point malade à bord du Buffalo. Sur le site de Longbottom, en terres australes, il est prisonnier d'État et travaille à construire des routes. Plus tard, il est loué à un français confiseur avec son compagnon Louis Bourdon. Lorsqu'il obtient sa demi liberté, il se trouve plusieurs emplois temporaires et fort peu payants tels que jardinier, garçon de ferme et fabricant de chandelles (PRIEUR, 1974:191-198-210). Dans son Journal d'un patriote exilé en Australie, Lepailleur parle fréquemment de Prieur, qu'il ne semble guère apprécier. Il le considère égocentrique, hautain et incapable de rien et même délateur (LEPAILLEUR, 1996:70,115,216). Prieur revient au Canada le 5 septembre 1846 à bord du Saint-George grâce à son ancien maître M. Mesnier qui lui paie son billet (PRIEUR, 1974:225). Il revoit sa famille le 14 septembre 1846 (PRIEUR, 1974:243). En revenant d'Australie, Prieur doit recourir à la loi de la banqueroute (DUCHARME,1998:74). Vers 1858, il s'établit à Montréal et achète une compagnie d'importation de vaisselles et de poteries anglaise Glenn & Co., qui prit le nom de Renaud & Prieur, au 35 de la rue Sanguinet (FALARDEAU, 1944:24 et LEPAILLEUR, 1996:390). En 1860, grâce à son implication dans le parti conservateur, il obtient de George-Étienne Cartier, le titre de Préfet de l'École de Réforme de l'Île-aux-Noix. En 1875, Prieur est nommé surintendant des prisons du Dominion of Canada (FALARDEAU, 1944:24). François-Xavier Prieur meurt le 1ierfévrier 1891 à Montréal et est enterré au cimetière Côte-des-Neiges (La Minerve du 3 février et du 5 février 1891 et LEPAILLEUR, 1996:390). Stéphanie Beaupied
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